Le Conseil d’État a finalement tranché concernant la municipalité d’Antananarivo. Dans son arrêt rendu ce jour, la haute juridiction administrative a annulé l’ensemble des voix obtenues par l’actuelle maire, Harilala Ramanantsoa. Les électeurs de la capitale devront retourner aux urnes pour élire de nouveau leur premier magistrat. Â
Casse et annule. Tel est le verdict rendu par le Conseil d’État en début d’après-midi concernant les élections municipales de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA). Cette décision fait suite à la requête déposée par le camp de Tojo Ravalomanana, candidat malheureux lors du précédent scrutin et principal adversaire de la maire Harilala Ramanantsoa. Bien que satisfait de la décision de justice, Hubert Raharison, avocat du fils Ravalomanana, a indiqué que leur demande initiale portait sur la disqualification de Harilala Ramanantsoa. Par cette décision, le Conseil d’État ordonne également la reprise des élections dans la capitale.
Pour Maître Hubert Raharison, la décision de justice confirme les arguments avancés par son camp durant la procédure. Selon lui, le jugement a déclaré nulle l’élection organisée à cette période et a également annulé l’ensemble des voix attribuées à Harilala Ramanantsoa, ce qui entraîne la tenue d’un nouveau scrutin. L’avocat estime que cette décision valide la stratégie de la défense, qui avait dénoncé des irrégularités et des manœuvres de fraude électorale visant à détourner le choix des électeurs.
Il rappelle toutefois que leur requête portait initialement sur une disqualification de la candidate adverse, mais que la justice a finalement opté pour l’annulation du scrutin. « Nous acceptons la décision rendue. Désormais, c’est le jugement qui ordonne la reprise de l’élection et il appartient aux autorités de l’appliquer. Dans un État de droit, tout le monde est soumis à la loi », a-t-il affirmé.
Respect
Du côté du parti Tiako i Madagasikara (TIM), le mandataire de Tojo Ravalomanana adopte également une position de respect vis-à -vis du verdict. Tout en estimant que leur candidat aurait dû l’emporter, il affirme que le parti se conforme à la décision judiciaire et se prépare déjà à l’éventualité d’un nouveau scrutin. Selon lui, l’organisation d’une nouvelle élection pourrait intervenir rapidement si l’État en décide ainsi. Le représentant du TIM appelle néanmoins les autorités à garantir le respect de l’État de droit et souhaite que la reprise du vote intervienne dans les délais prévus par la législation, afin d’éviter une trop longue attente pour les électeurs.
Les élections municipales du 11 décembre 2024 dans la Commune urbaine d’Antananarivo ont constitué l’un des scrutins locaux les plus suivis du pays. Organisé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le vote visait à élire le maire de la capitale ainsi que les conseillers municipaux. La compétition s’est principalement jouée entre Harilala Ramanantsoa, soutenue par la plateforme présidentielle IRMAR, et Tojo Ravalomanana, candidat du parti Tiako i Madagasikara (TIM).
À l’issue du dépouillement dans les plus de mille bureaux de vote de la capitale, Harilala Ramanantsoa est arrivée en tête avec un peu plus de 43 % des suffrages, devançant son principal rival. Ce scrutin, considéré comme un test politique majeur dans la capitale, a toutefois été marqué par des contestations et des recours déposés devant la justice par l’opposition, qui dénonçait des irrégularités dans le déroulement du vote.
Ravo Andriantsalama








