Depuis plusieurs jours de fortes pluies, plusieurs régions de l’île sont sous les eaux. C’est le cas de la région Analamanga qui compte le plus grand nombre de sinistrés. Hier, on est allé à la rencontre de ces derniers au site d’hébergement d’Ampitatafika dans l’Atsimondrano.
Selon la dernière mise à jour du BNGRC, ce matin à 9 heures 30, pas moins de 10 996 personnes sont sinistrées pour la region Analamanga. Bien que les dégâts dépassent largement cette seule région, la capitale est la plus touchée avec le plus grand nombre de sinistrés et de sites d’hébergements dont sept dans le District d’Antananarivo atsimondrano, avec 2 707 personnes déplacées et sept autres dans la commune urbaine d’Antananarivo avec 2 236 déplacées.
Pour Antananarivo atsimondrano, dans la périphérie sud de la capitale, plusieurs familles vivent sous le toit du CEG Faliarivo Ampitatafika depuis plusieurs jours. Dans six salles de classe transformées en dortoirs de fortune, des femmes, des enfants, des marchands dorment à même le sol. Atsimondrano étant la zone la plus touché. Pour le responsable matériel au CEG, Kombe Azizali Amedi la plupart des sinistrés sont des habitués des crues et il y en a également ceux qui connaissent bien le site d’hébergement. « Chaque année, ce sont souvent les mêmes familles qui reviennent. La commune, avec le BNGRC et les forces de l’ordre, les a évacués en camion, mais certains ont dû partir à pied. Ici, on a déplacé les bancs, on essaie d’agrandir l’espace, mais on ne sait pas encore combien de temps, ils resteront. Les cours sont suspendus jusqu’à nouvel ordre », s’exclame-t-il.
La vie risque donc d’être encore plus difficile pour les sinistrés d’Ampitatafika vu les conditions dans le site. Du point de vue sanitaire, le risque de propagation de maladie reste également de mise pour ces personnes. Jusqu’à présent, le plus gros risque est la gale qui peut rapidement se propager vu les conditions de vie précaire des personnes présentes. Néanmoins, il y a également des risque de propagation de la peste qui est revenue dans l’acualités avec des cas avéré dans la région Amoron’i Mania. Bien que les deux régions sont éloignées de quelques centaines de kilomètres, le risque s’agrandi avec déjà un mort déclaré à Ambositra en début de semaine.
Débordé
Dans cette précarité, certains sinistrés, comme Tahina, une mère de famille, se sentent condamnés à revivre ce cycle inlassable. Selon elle, « Nous vivons à Anjanamaitso, juste avant le pont d’Ampitatafika, au bord du Sisaony. Dès que l’eau monte, elle envahit notre maison et nous devons partir. Certains ont eu le temps d’emporter des vêtements, d’autres sont parties les mains vides. On aimerait habiter en hauteur, mais on n’en a pas les moyens. Alors, une fois que l’eau se retire, on retourne nettoyer, en attendant la prochaine inondation. »
Les difficultés se font voir sur le visage des personnes présentes au site. Que ce soient les sinistrés, les responsables de la Croix-Rouge ou les volontaires, on sent qu'ils sont débordés par la situation. Sur le terrain, la Croix-Rouge s’occupe de recenser les déplacés. La présidente de l’antenne d’Andranonahoatra,Rakotobe Fara Chantal explique que de nouveaux arrivant sont toujours en cours d’enregistrement. Elle avance également que la Croix-Rouge identifie les cas médicaux urgents comme par exemple les enfants atteints de gale. Selon ses dires, « Un espace spécifique leur est réservé, ainsi qu’aux femmes enceintes. »
Mais les défis s’accumulent pour tous ceux qui sont présents au site d’hébergement comme le manque de nourriture, d’eau, de moyens pour les volontaires, et une difficulté à contrôler les entrées et sorties des déplacés. Certains quittent le site et ne reviennent plus, sans que l’on sache où ils sont partis, selon les explications. Pour ces sinistrés, l’urgence est de survivre au quotidien.
Ravo Andriantsalama