Le 13 février dernier, au Novotel Alarobia, Internews Madagascar et ses partenaires ont officiellement présenté au grand public le projet « Liberté d'expression à Madagascar », ou Manehoa. Le projet œuvre pour plus de liberté des médias, en leur offrant un accès libre aux informations et un paysage médiatique pluraliste.
Manehoa agit notamment pour promouvoir l'indépendance des médias, les débats contradictoires et améliorer la production de contenus. D'autre part, le projet inclut la mise en place d'initiatives de vérification des faits (fact-checking) ainsi que l'éducation aux médias pour lutter plus efficacement contre la désinformation.
Le projet vise également à renforcer la compétence des organisations de la société civile (OSC) et à assurer un suivi de la liberté de presse dans la Grande Île. Manehoa est financé par l'Union européenne pour une durée de quatre ans. Il arrive à point nommé, compte tenu de la situation socio-politique du pays, où le rôle de la presse est perverti par l'avènement des réseaux sociaux et le métier confronté aux enjeux des nouvelles technologies. Le projet est également important pour les organes de presse. Il peut faire le lien entre les professionnels du métier et les patrons de presse, qui sont parfois un frein au traitement d'informations véritablement non partisanes.
Pas à pas
Pour un projet qui dure quatre ans, le lancement du 13 février ne sera pas le seul grand pas à franchir pour Manehoa cette année. La prochaine étape sera la mise en place d'une plateforme de dialogue entre les patrons de presse, la société civile et tous les autres acteurs du domaine. L'objectif est de promouvoir la liberté d'expression, mais surtout la liberté de presse. La troisième étape pour cette année sera l'organisation d'assises des journalistes au niveau national. Bien qu'aucune date ne soit encore prévue pour ces deux événements, les responsables du projet se donnent comme objectif de les réaliser dans les délais impartis.
Studio Sifaka, en tant que média indépendant qui cible particulièrement les jeunes, fait partie des acteurs de mise en œuvre de ce projet. Son principal apport reste évidemment la production de contenus média, comme les émissions radiophoniques telles que les séances de débats. Afin de rendre Manehoa plus efficace, Studio Sifaka envisage également des rencontres pour le renforcement des capacités des professionnels de la presse.
Ravo Andriantsalama